Michel Polnareff de retour sur scène

Michel Polnareff
Dès son entrée sur scène samedi soir à Epernay dans la Marne, Michel Polnareff annonce la couleur aux 5000 personnes venues l'applaudir. C'est sur "Je suis un homme" que l'interprète entame la première représentation de sa tournée française. Vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise blanche en queue-de-pie surmontée d'une veste noire, l'Amiral, dont le style a été imaginé par sa femme Danyellah, se produit devant un décor cubiste qui donne un effet de 3D. Le compositeur de 71 ans n'est pas monté sur une scène depuis neuf ans et sa tournée "Ze Re Tour". Régime draconien et répétitions intensives: Polnareff s'y prépare depuis plusieurs mois, d'abord à Los Angeles, puis en France depuis une dizaine de jours.
 
Certains de ses fans attendaient ce moment depuis un bout de temps comme Yuko qui a fait le déplacement depuis le Japon. "Je suis Michel depuis plus de 40 ans. Je reviendrai dans quelques jours l'applaudir à Bercy", explique celle qui a appris les chansons phonétiquement.
 
Plus loin dans les gradins, un groupe d'une soixantaine de personnes a apporté perruques blondes et lunettes blanches pour rendre hommage à l'artiste. Parmi eux, Tony, 43 ans, qui voit le chanteur sur scène pour la première fois. "Je suis ému d'être ici. J'attendais cela avec impatience. C'est un challenge pour son âge. Mais je suis confiant, j'aime les ambiances de première où cela peut tourner en bœuf".
 
Après avoir interprété son premier tube, "La poupée qui fait non", l'avant-gardiste "L'amour avec toi" puis joué au punching-ball avec son micro dans la version 2.0 d' "Ophélie", Michel Polnareff fait venir son piano pour chanter ses plus populaires: de "L'homme qui pleurait des larmes de verres" au "Love me please love me" en passant par "Qui a tué Grand-maman", le dernier single "L'homme en rouge et le très attendu Lettre à France". L'occasion de montrer qu'il n'a rien perdu de ses aigus. Il conclura sa partie piano avec "Le Bal des Laze" dans une ambiance de cathédrale.
 
Il faudra attendre que retentisse "Dans la rue" pour que le public saute des gradins pour venir danser devant la scène. Ils n'en bougeront pas jusqu'à la fin. Ils assisteront de près à l'hommage rendu quelques secondes plus tard à Prince, décédé cette semaine à Minneapolis. Après "Je t'aime", les choristes chantent "Purple Rain", dans un décor aux lumières violettes. "C'est une des raisons pour lesquelles il faut aimer les artistes de leur vivant", achèvera-t-il.
 
L'ambiance de grand messe se profile avec "Y'a qu'un cheveu", chanson sur laquelle l'auteur-compositeur fera répéter en choeur à ses moussaillons "Ainsi soit-il". Ravi de les entendre se prêter au jeu, il en profitera pour glisser une autre pique à ses détracteurs: "À force d'écouter les fausses rumeurs, j'ai cru que la salle était vide", ironise-t-il alors que son assemblée siffle en signe de soutien.
 
La cérémonie des rappels commence dès la fin de "Goodbye Marylou" jouée et chantée au piano. Michel Polnareff revient sur "Hey you woman", où il s'amuse avec ses choristes féminines pendant que ses musiciens enchaînent les solos. Jugé long par les critiques, ce passage pourrait se voir raccourcir d'ici les prochaines dates. Puis vient le morceau "Tout tout pour ma chérie", suivi de l'hymne, "On ira tous au paradis", entonné par le public qui voit défiler les paroles à l'écran. Après s'être éclipsé de nouveau, il réapparaît pour deux ultimes chansons, "Ame câline" et "Kamasutra", avant de saluer la salle et partir discrètement.
 
"Je me suis éclaté", lâchera l'artiste à sa sortie de scène, où Louka, son fils de 5 ans, l'attend pour lui sauter dans les bras.