Pierre Perret, ses 80 ans à l'Olympia

Le nouvel album de Pierre Perret

Grâce au talent et au travail sans limite de Pierre Perret, 12 chansons nouvelles réjouissent nos écoutilles depuis le 14 Avril 2014, sur l'album: Drôle de poésie. Lola "qui aimait tant le croque-monsieur", Sophie La philosophe "qui préfère Lagneau au cassoulet", Alphonsine "qui prend les mâles par la racine" ou cette putain de Germaine "qui nous a tous niqués" sont quelques-unes des femmes hautes en couleur qui peuplent ce nouvel album. L’arbre si beau "qui lançait des poignées d’oiseaux" est un grand moment de poésie, comme la très belle déclaration d’amour qu’est Si tu t’en vas, tandis que Salade Mythologique réussit la prouesse de citer plus de 150 dieux de l’Olympe et sites antiques en quatre couplets.
Révélant avec pertinence les incohérences de notre société, Ronde Macabre est l’histoire vraie d’un malade renvoyé d’un service d’urgences à l’autre.

Le 9 juillet 2014 Pierre Perret fêtera ses 80 balais à l’Olympia, et ses 60 ans de carrière. Il avance, témoin de son temps, excellant dans l’art du portrait, passant du tableau de mœurs à la constatation acérée.

Quand on lui pose la question: Quel regard portez-vous sur la chanson française ?
Sa réponse est cruelle: Y a pas de quoi sauter au plafond. L'inculture générale (rires…) qui se manifeste à travers les textes de tout ce que vous pouvez entendre de plus branché… jusqu'à Stromae. C'est pas des chansons qui vont me scotcher, ils tombent sur tous les poncifs à pieds joints… Une vraie chanson, ça doit être de la haute-couture. Alors qu'aujourd'hui, c'est de la reprise grossière. Il n'y a pas grand-chose qui transparaît dans les auteurs qu'on peut entendre aujourd'hui, c'est ce que je trouve un peu dommageable.

Pour ses 80 ans, quand on lui demande: Qu'est que vous auriez aimé faire que vous n'avez pas encore fait ?
Rien. Je fais tout ce que j'ai envie de faire et puisque personne ne m'interdit rien… Le jour où on n'a plus la liberté qu'on a en France, je changerai de pays en courant. Malheureusement, si les gens sont timorés et principalement les auteurs, c'est eux qui sont comme ça parce que vous êtes vite cloué au pilori. On doit dire ça, on doit faire ça, ne plus parler de rien… ni des Corses, ni des Bretons, ni des Noirs… il y a un rideau terrible. Or, on peut parler de tous les sujets en employant une certaine langue, élégamment mais je vois pas pourquoi on s'interdirait d'avoir un point de vue sur tel ou tel sorte de comportement d'un individu quel qu'il soit. Et aujourd'hui,si on arrive à une sorte d'omertà lamentable... C'est le langage des victoires de la musique (rires…)