Frenchtech

S'abonner à flux Frenchtech
Google Actualités
Mis à jour : il y a 1 min

La French Tech peut-elle sauver l'économie française ? - Alternatives Économiques

mar, 05/21/2019 - 12:21

La chronique éco de Marc Chevallier, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques, est à retrouver tous les mardis dans la matinale du 5-7 de France Inter, à 6 h 45. Vous pouvez réécouter celle du 21 mai 2019 ci-dessous.

Pour la French Tech, c’est Nöel avant l’heure… les start-ups françaises multiplient les levées de fonds...

Oui, les levées de fonds auprès des investisseurs s’envolent : au rythme actuel, à la fin de l’année, les start-ups tricolores auront engrangé 5 milliards d’euros, un record. On a beaucoup parlé de Doctolib, qui vient à lui seul de lever 150 millions d’euros, mais 7 entreprises ont reçu plus de 50 millions chacune. Autant dire que la France pourrait rapidement compter plus de 4 licornes, ces entreprises dont la valeur dépasse le milliard d’euros. Mais il y a du chemin pour rattraper le Royaume-Uni avec son cheptel de 17 licornes, et surtout la Chine qui en compte plus de 80 ou les Etats-Unis, plus de 150 !

Vous voulez dire qu’on s’enflamme un peu trop pour la French tech ?

Exactement, il faut se réjouir que la France voie ses pépites se développer. Mais il y a peu de chances que parmi elles se cachent le prochain Google ou Facebook, même si Emmanuel Macron rêve de champions européens, il l’a encore dit la semaine dernière.

Et ce n’est pas qu’un problème de financement. Les start-up américaines et chinoises ont un avantage déterminant : la taille gigantesque de leur marché intérieur leur permet de croître très vite. Alors qu’en Europe, les jeunes pousses doivent surmonter les barrières des langues, des cultures, des différents marchés… Du coup, le meilleur moyen pour grossir quand on est une start-up en France, c’est souvent d’être rachetée. Dans un cas sur trois, elles sont absorbées par une entreprise américaine.

Quelles conclusions faut-il en tirer ?

Que le soutien aux start-up ne suffit pas à faire une politique économique. Le 1er investisseur dans les start-up en France, c’est BPI France, la banque publique d’investissement. On dépense beaucoup d’argent public pour des retombées économiques incertaines. L’économiste Patrick Artus le remarque, les nouvelles technologies pèsent 3 % de l’emploi total en France ou aux Etats-Unis. De l’emploi très qualifié. Pas de quoi fournir du travail à nos millions de chômeurs non qualifiés.

Et qu’est-ce qu’on devrait faire ?

Mettre le paquet pour combler nos retards dans l’utilisation des nouvelles technologies par les entreprises, dans la robotisation ou la transmission des PME : un patron qui vieillit, c’est un dirigeant qui n’investit plus et c’est mauvais pour l’économie.

Il faut dégonfler le mythe du startuper qui a réussi : 9 start up sur 10 échouent. Il y a donc plus de perdants que de gagnants.

Créer ou reprendre une entreprise qui n’attendra pas 10 ans avant d’être rentable, ça peut être très bien aussi.

L'écosystème French Tech Loire Valley à la conquête du salon Viva Technology - Le Berry Républicain

mar, 05/21/2019 - 12:01

L'émulation créée par l’obtention du label French Tech n’est pas retombée en région Centre-Val de Loire. Un mois et demi après avoir fait son entrée dans le réseau Communauté French Tech, la French Tech Loire Valley a fait valoir ses couleurs et surtout son écosystème numérique auprès des plus grands acteurs mondiaux de l’innovation technologique. DEV’UP a organisé, en effet, le déplacement de la "Tech" régionale au cœur du salon Viva Technology, qui s'est tenu du 16 au 18 mai derniers, porte de Versailles à Paris.

vivatech-centre-loire-valley.jpg

Stand Centre-Val de Loire sur lequel a été exposé, à l'occasion des 500 ans de Renaissance(S], l’ornitoterro, machine créée à partir des codex de Léonard de Vinci grâce à un partenariat entre les étudiants du Centre-Val de Loire et de Toscane


Installé au cœur de l’espace d’exposition de 400 m2 de la Région Centre-Val de Loire - sur lequel étaient présentes les 30 start-up sélectionnées cette année - le stand de la French Tech Loire Valley a porté haut le pavillon rose de la Loire Valley et valorisé la dynamique de l’écosystème numérique et technologique engagée depuis près de cinq ans.

vivatech-2019-start-up.pngDes start-up exposantes du Centre-Val de Loire

vivatech-french-tech-loire-valley.jpgLe collectif French Tech Loire Valley présentant sur 50 m2 l'écosystème numérique régional (incubateurs, accélérateurs...)

Les trois lieux totem en chefs de file

Avec en tête de pont les trois lieux totem French Tech implantés sur le territoire. Très impliqué dans le développement de l’innovation auprès de toutes les filières composant le tissu économique régional, le Centre-Val de Loire compte, en effet, trois haut-lieux "Tech". Le Lab’O à Orléans (Loiret), Mame à Tours (Indre-et-Loire) et le CM101 à Chartres (Eure-et-Loir). La Cité économique à Châteauroux (Indre) complètera prochainement le contingent régional des lieux totem. Si chaque établissement cultive sa spécificité, c’est un état d’esprit résolument collaboratif et complémentaire qui permet aujourd’hui au réseau de compter parmi les plus entreprenants et les plus innovants de la sphère French Tech.

Présentation événement du Beauty Accelerator

A l’occasion du salon VivaTech, les contours du futur accélérateur régional dédié à la beauté ont été, par exemple, présentés. En cours d’installation à Chartres, ce Beauty Accelerator souhaite faire émerger des projets novateurs qui révolutionneront l’univers de la beauté et de la cosmétique de demain. Un enjeu majeur pour le Centre-Val de Loire, première région française de production de la filière parfumerie-cosmétique et berceau du pôle Cosmetic Valley.
Les autres outils de développement initiés en région pour soutenir l’innovation technologique ont également été mis à l’honneur durant ces trois jours. DEV’UP a ainsi coordonné la présence des 11 incubateurs sur le stand French Tech Loire Valley (le Pôle éco-numérique à Dreux ; The place by CCI 28 à Chartres ; Le Campus des champs du possible à Châteaudun Outremer à Vendôme ; Le Lab à Blois ; Smart tourisme Lab à Tours ; The place by CCI et Bourges Technopole à Bourges et le Hub 36 à Chateauroux ainsi que le Lab’O d’Orléans et Mame à Tours).

Une palette d’outils pour aider au développement des jeunes pousses

Un coup de projecteur a également été porté sur les différents programmes d’accélération créés en Centre-Val de Loire pour permettre aux jeunes pousses innovantes d’accroître leur développement. A commencer par le dispositif Scale’Up. Lancé il y a un an par DEV’UP, ce service propose à une dizaine d’entreprises innovantes de la région, un accompagnement intensif de 12 mois pour les aider à réussir leur levée de fonds et développer leur marché à l’international. Alors que la première promotion arrive au terme de son accompagnement, la sélection des futurs participants à la deuxième promotion sera dévoilée en juin. Avec le Château et Saxo 45, Mame et le Lab’O proposent également des accompagnements sélectifs et poussés.

 Communiqué de presse disponible 

French Tech. Startups : seizième édition de Montpellier Capital Risque - actu

mar, 05/21/2019 - 11:32
Le BIC organise Montpellier Capital Risque pour les startups avec Bpifrance. Les 23 et 24 mai deux invités, le "France Digitale Tour" et le "BigUp for Startup".

Publié le 21 Mai 19 à 11:32

Cette année, le Montpellier Capital Risque se renforce et invite BigUp4startup et le France Digitale Tour  Cette année, le Montpellier Capital Risque, dédié à la rencontre entre startups et investisseurs, se renforce avec BigUp4startup et France Digitale Tour (©dr)

Organisé chaque année au printemps depuis plus de dix ans maintenant, le rendez-vous de Montpellier Capital Risque est une date vitale pour l’écosystème numérique. Et et notamment pour les startups en recherche de financement.
Deux jours durant, en effet, il réunit au BIC d’un côté les entrepreneurs innovants et de l’autre, les investisseurs nationaux et les représentants de grands groupes français.

50 M€ levés 

Des rencontres sont organisées (pitchs et rendez-vous d’affaires) pour mettre directement en relation les startups et les investisseurs à l’affût de belles opportunités. La formule a fait ses preuves : entre 2014 et 2017, l’événement a permis de lever près de 50 M€, pour des besoins en financements allant de 500 000 € à 6 M€.

Dommage que ni le BIC ni la métropole de Montpellier ne communiquent pas plus sur les retombées du Montpellier Capital Risque…

Deux invités sur une édition 2019 renforcée

Une nouveauté cette année : le Montpellier Capital Risque s’associe à deux autres événements à fortes notoriétés : le « France Digitale Tour » (*) conférences et rencontre startup / investisseurs et « BigUp for Startup »(**) rencontres PME / grands groupes.

« En conjuguant ces trois temps forts, Montpellier Méditerranée Métropole s’inscrit comme la place incontournable du développement économique », affirme Chantal Marion, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole en charge du développement économique.

Le BIC de Montpellier sera l'hôte principal cette 16ème édition du Montpellier Capital Risque Le BIC de Montpellier sera l’hôte principal cette 16ème édition du Montpellier Capital Risque (©dr)

(*)L’association France Digitale Tour réunit 700 startups et investisseurs du numérique et organise des rencontres investisseurs / startups dans différentes villes de France hors Paris : Montpellier donc, mais aussi Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon et Lille…
(**)Le « BigUp for Startup », créé à Montpellier en 2015, est un programme destiné à activer le business numérique entre grands groupes, startups et PME du territoire. Le format s’est aujourd’hui déployé au national : 12 territoires couverts en 2018 pour plus de 2 000 rendez-vous d’affaires.

En conjuguant ces trois temps forts, Montpellier s’inscrit comme la place incontournable du développement économique

Le programme 

Jeudi 23 mai, à l’hôtel French Tech
-14h : France Digitale Tour : Master Class France Digitale, Reverse Pitch des investisseurs de France Digitale et rendez-vous entre startups et investisseurs.
-16h : BigUp for Startup : Interventions croisées de 8grands groupes et 8 startups qui témoigneront de leur expérience d’open innovation.
-18h : Montpellier Capital Risque. Table ronde animée par Julien Petit, avec Véronique Jacq (Bpifrance), François Santi (CapHorn), Christophe Raynaud (ISAI) et Loïc Soubeyrand (LunchR)
Salle Pagezy et Espace French Tech – 1, Place Francis Ponge, Montpellier

Vendredi 24 mai, BIC de Montpellier
-9h : Introduction de la journée par Madame Chantal Marion et Nadine Faedo, Directrice Régionale Bpifrance Montpellier
-9h30 / 12h30 : Présentation de 17 entreprises en forte croissance (early stage et late stage)
-14h : Rendez-vous individuels entre investisseurs et dirigeants
-18h : Clôture de la journée
Cap Oméga – Rond-Point Benjamin Franklin – Montpellier

French Tech : Proprioo, la start-up immobilière qui monte - Rude Baguette

mar, 05/21/2019 - 11:30

Mise en lumière par une récente levée de fonds de 20 millions d’euros, Proprioo est une start-up qui propose des services d’agence immobilière, avec des commissions très basses, grâce à la dématérialisation d’un maximum de tâches. Elle veut désormais se développer au-delà de l’Île-de-France, pour s’implanter dans les plus grandes villes françaises.

Le pari de Proprioo tient en une idée simple : ne pas révolutionner le métier d’agent immobilier, mais numériser un maximum de tâches, pour offrir des tarifs moins élevés. Toute proportion gardée, il s’agit du même business model que les banques ou les assurances 100% dématérialisées, qui proposent ainsi des frais de gestion réduits.

Numériser les tâches à faible valeur ajoutée

Le groupe offre ainsi l’ensemble des services d’une agence immobilière classique. Les clients ont à faire à des agents immobiliers, qui ont le statut de consultant, pour gérer leurs biens ou leurs contrats de location. Mais Proprioo dématérialise et / ou automatise un grand nombre de process « à faible valeur ajoutée auxquelles se consacrent les agents immobiliers traditionnels ».

Cela donne à la jeune pousse des gains de temps sur les procédures, et une offre à prix cassé. Pour la vente de logements, l’agence virtuelle ne retient ainsi qu’une commission de 1,99% du prix de vente, un taux particulièrement bas.

Proprioo : une levée de fonds pour accéler le développement en France

Pour l’instant présente uniquement à Paris et dans sa région, Proprioo souhaite gagner de nouveaux territoires. Pour ce faire, la start-up vient de réaliser une levée de fonds de 20 millions d’euros, auprès de ses partenaires historiques (les fonds Global Founders Capital, Rocket Internet et Picus Capital), qui avait déjà participé au premier tour de table de 5 millions d’euros, voici un an.

« Cette levée de fonds va permettre à Proprioo d’accélérer son développement en France et de poursuivre son déploiement dans les 40 villes françaises qui représentent 50% des parts de marché du secteur de l’immobilier en France », expose la start-up dans un communiqué.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

La French Tech Seed : le nouveau fonds "deeptech" présenté à Sophia - Webtimemedias.com

lun, 05/20/2019 - 15:23

Le dispositif La French Tech Seed sera lancé lundi 23 mai à 11 heures à Mines ParisTech à Sophia par l’incubateur Paca-Est, BPI France et les membres du consortium dédié. Ce fonds de 200 à 400 M€, financé par l’Etat et géré par BPI France, permettra d’amplifier les toutes premières levées de fonds des startups innovantes du territoire, en phase d’ultra-amorçage.

C'est un nouveau fonds qui pourra intéresser les start-ups deeptech de la Côte d'Azur qui sera présenté jeudi avec le lancement du dispositif La French Tech Seed par le consortium "La French Tech Seed Paca-Est". Ce fonds de 200 à 400 millions d’euros, financé par l’Etat et géré par BPI France, permettra d’amplifier les toutes premières levées de fonds des startups innovantes du territoire, en phase d’ultra-amorçage dans une logique de co-financement et de partage des risques avec les investisseurs privés.

Une réunion ouverte particulièrement aux entreprises innovantes en amorçage

Organisée par l’incubateur Paca-Est, en partenariat avec BPI France avec les membres du consortium La French Tech Seed Paca-Est (Université Côte D’Azur, Université de Toulon, SATT Sud-Est, TVT innovation, la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis et la métropole Nice Côte d’Azur), la réunion de lancement aura lieu le jeudi 23 mai de 10 à 12 heures aux Mines Paristech à Sophia Antipolis. Une réunion qui est ouverte également aux acteurs de l’écosystème de l’innovation, et tout particulièrement aux entreprises innovantes en amorçage. 

Le dispositif La French Tech Seed est un fonds, géré par BPI France, destiné aux entreprises de moins de 3 ans porteuses d’une innovation à forte intensité technologique, ayant réalisé une première levée de fonds auprès d’investisseurs avisés. Il prend la forme d’obligations convertibles avec une enveloppe de 50 000 à 250 000 € par projet. Ce fonds s’inscrit dans une dynamique nationale autour de l’innovation de rupture portée par les plans d’action Deeptech. Il vient pérenniser le "Capital Innovation", en augmentation significative en France, avec +37% par an d’investissements entre 2012 et 2018.

Des financements en quasi fonds propres faisant effet de levier

L'objectif est de répondre aux besoins de financement des très jeunes startups innovantes, avec des financements en quasi fonds propres faisant effet de levier. Le dispositif La French Tech Seed repose sur un mécanisme de prescripteurs labellisés, qui identifieront, au sein de leur écosystème, des jeunes entreprises innovantes en recherche de financement, les conseilleront dans l’avancement de leur projet et qualifieront les candidatures pour le fonds French Tech Seed géré par BPI France.

La French Tech Seed Paca-Est fait partie des 20 prescripteurs labellisés par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et le Secrétariat Général pour l’Investissement avec l’assistance de BPIFrance, parmi plus de 50 candidats. Cette labellisation s’est opérée dans la dynamique des Capitales et communautés French Tech de la Région Sud, au premier chef French Tech Riviera Région Sud, French Tech Toulon Région Sud.

Un objectif annuel de 15 dossiers qualifiés

L’Incubateur Paca-Est comme chef de file, l’Université Côte d’Azur, l’Université de Toulon, la SATT SudEst, TVT-Innovation technopole du Var, la CASA pour la technopole Sophia Antipolis et la Métropole Nice Côte d’Azur pour la technopole Nice-Méridia ont donc créé le consortium La French Tech Seed Paca-Est avec le soutien des acteurs de la région. Ils joueront le rôle de prescripteur pour les deux prochaines années. Ils accompagneront les startups éligibles dans l’ensemble du processus, avec un objectif annuel de 15 dossiers qualifiés pour French Tech Seed, reflétant le potentiel actuel du Var et des Alpes Maritimes.

Ces acteurs, qui connectent fortement la recherche à l’entrepreneuriat innovant, disposent d’une expérience effective de l’accompagnement entrepreneurial, de la validation technologique, des levées de fonds et du développement des startups Deeptech, conditions de réussite de ce dispositif et du développement de l’innovation au sein du territoire.

La réunion de lancement donnera l’occasion de rappeler les objectifs de ce consortium, et de mettre en avant les bénéfices et impacts de ce partenariat sur les territoires du Var et des Alpes Maritimes au premier chef pour les startups accompagnées. Les membres du consortium, les partenaires de l’écosystème de l’innovation et de l’entrepreneuriat, dont les pôles de compétitivité, et les entreprises correspondant à la cible French Tech Seed y sont conviés.

La French Tech confirme sa montée en puissance - Les Échos

lun, 05/20/2019 - 07:30

C'est une mode qui ne passe pas. La France, chaque année, s'installe un peu plus confortablement dans son costume de géant de la tech. Avec un total de levées de fonds en folle croissance, bien sûr (1,42 milliard d'euros investis lors des quatre premiers mois de 2018), mais aussi sa capacité à générer des entreprises de plus en plus ambitieuses, à attirer des fonds étrangers et à donner le ton sur des sujets clefs comme la protection des données personnelles ou l'accroissement de la diversité dans les profils entrepreneuriaux.

C'est ce que les 124.000 visiteurs qui se sont rendus à VivaTech de jeudi à samedi dernier sont venus voir. Un nombre en croissance constante depuis la première édition de cet événement coorganisé par « Les Echos » et Publicis, et qui affûte son modèle, entre mise en relation entre grands groupes et start-up, et conférences avec celles et ceux qui font la tech mondiale.

Après Mark Zuckerberg en 2018 , c'est Jack Ma qui a  marqué de son empreinte l'édition 2019. Avec ses conseils de vétéran qui a fait passer sa minuscule entreprise au statut de titan mondial, le fondateur d'Alibaba a voulu inspirer les jeunes entrepreneurs : « Il n'y a pas d'expert du futur, seulement du passé. J'ai créé Alibaba dans un appartement en 1999 et je pense que 80 % des gens dans le monde peuvent rencontrer le succès. Tout simplement parce que nous n'avions rien, à part croire dans le futur ! » Autre conseil avisé par celui qui vient de passer la main de la direction de l'entreprise qu'il a créée : « Vous devez vous habituer à ce que les gens vous disent non. A ce que les investisseurs, les clients vous disent non. Ce n'est pas plaisant, mais il ne faut pas s'y arrêter. Après une bonne nuit de sommeil, il faut repartir au combat. »

Un discours « inspirationnel » qui a particulièrement marqué les entrepreneurs présents sur le Salon, rassurés de constater que même les plus grands sont passés par des débuts laborieux. Venus chercher les conseils de pairs évoluant à un stade de développement plus avancé, les startuppeurs ont répondu présents lors des conférences se déroulant sur la « start-up stage », qui a souvent affiché complet au cours des trois jours de conférence. Le fondateur de Meero, Thomas Rebaud, y a notamment prodigué ses conseils pour gérer l'hypercroissance. « Il faut donner des ambitions élevées à tout le monde, dès le début. C'est une question d'état d'esprit », a-t-il affirmé. Sur le déploiement à l'international, le jeune entrepreneur a fait une préconisation qui a fait réagir l'audience, celle de « placer un general manager français dans chaque bureau à l'étranger ».

VivaTech a par ailleurs attiré  les fondateurs de licornes , à l'instar de Nik Storonsky, le fondateur de Revolut, particulièrement peu prolixe sur scène, ce qui a offert un fort contraste avec l'énergique Mélanie Perkins, à la tête de la start-up australienne Caneva. La conférence a notamment acté le fait que « les licornes pouvaient venir de n'importe quel pays ». Et ce n'est pas UIPath, qui avait déployé un stand dans le hall principal du Salon, qui va contredire cette affirmation : originaire de Bucarest, la start-up est désormais valorisée 7 milliards de dollars et pourrait bientôt devenir la première « décacorne » créée en Europe.

Si les succès européens et français ont été célébrés à VivaTech, l'événement a également été l'occasion de s'interroger sur le sujet qui préoccupe actuellement l'écosystème : celui des sorties. Une inquiétude que Bernard Liautaud, managing partner chez Balderton Capital, a relativisée : « Le plus important, ce n'est pas la sortie, c'est de construire une entreprise, et c'est sur cela qu'il faut se concentrer, a-t-il préconisé. Et puis arrêtons de tout mélanger dans ce mot : une acquisition représente la fin de l'histoire pour une start-up, alors qu'une entrée en Bourse est un point d'étape qui permet de devenir un géant, un Microsoft, un SAP. » Des géants que l'écosystème attend avec impatience.

Les investisseurs étrangers en pincent pour la French Tech - Les Échos

lun, 05/20/2019 - 07:26

C'est une tendance qui ne faiblit pas. Au contraire le nombre de structures étrangères investissant dans les start-up est en nette hausse lors du salon Vivatech , coorganisé par « Les Echos » et Publicis. Que ce soit sur scène pour une conférence ou de manière plus discrète dans les allées, les « VC » ne cachent pas leur intérêt pour les pépites européennes, et plus particulièrement tricolores.

« Il y a un vrai boom dans cet écosystème, constate Lucile Cornet de Eight Roads basée à Londres. A la fois sur le nombre d'entreprises mais aussi sur la perception que nous en avons. Il y a quelques années, créer une start-up était encore considéré comme un choix alternatif alors que désormais les meilleurs et les plus ambitieux le font. »

Ce fonds qui a engrangé 375 millions de dollars l'an passé pour investir dans les pépites technologiques avait déjà soutenu des français par le passé, Compte Nickel et Owkin notamment. Il intervient sur des tours de table après l'amorçage et s'appuie sur des confrères basés en France pour détecter les jeunes pousses les plus prometteuses, comme Partech ou Frst (ex-Otium).

En revanche, la VC estime qu'il y a encore du chemin à parcourir pour permettre à cet écosystème de véritablement générer des champions mondiaux capables de se battre contre les meilleures entreprises américaines et chinoises. « Nous ne voyons pas encore suffisamment de belles sorties comme c'est le cas en Suède par exemple, estime Lucile Cornet. Car cela crée une génération d'ingénieurs qui vont ensuite travailler dans d'autres start-up et qui prouvent aux investisseurs qu'ils peuvent gagner de l'argent. Mais je suis certaine que cela va arriver et que ce n'est qu'une question de temps. »

Ce pari sur l'avenir de la French Tech , d'autres le prennent. Comme ce fonds américain installé à New York qui emploie de jeunes investisseurs pour mener des premiers entretiens téléphoniques avec un large panel de pépites tricolores avant d'y envoyer un associé boucler le deal.

Le célèbre fonds américain Accel Partners indique quant à lui avoir injecté 200 millions de dollars dans une dizaine de start-up françaises, à l'instar de Doctolib, Shift Technology ou encore Algolia. « Je suis très excité à l'idée de ce qu'il pourrait se passer en France dans les prochaines années, affirme Philippe Botteri, partner chez Accel. Tous les ingrédients sont là pour créer de beaux succès, les startups, les talents… » Même enthousiasme chez Irina Haivas, principal investor dans le fonds anglais Atomico. « Je suis persuadée que la prochaine grosse vague d'innovation viendra de ce que l'on appelle la « deep tech », explique l'investisseuse. Et sur ce terrain-là, la France pourrait bien jouer un rôle central. »

L'Hexagone est particulièrement reconnu pour l'excellence de ses formations et de sa recherche, essentielles au développement de start-up « deep tech ». Et parmi ses « chouchous » français, la capital-risqueuse cite Alan et Doctrine, deux jeunes pousses travaillant à la « disruption » de secteurs traditionnels et historiquement peu ouverts à l'innovation.

La French Tech stéphanoise se structure - Acteurs de l'économie

ven, 05/17/2019 - 15:00

Le 3 avril dernier, Lyon et Saint-Etienne étaient labellisées capitales French tech, sous la bannière commune French Tech One Lyon Saint-Etienne. L'association qui pilote le dossier compte actuellement 3 salariés, tous basés à Lyon. Une cinquième personne est actuellement en cours de recrutement et devrait être opérationnelle au plus tard en septembre prochain. Elle sera implantée sur le territoire stéphanois, son poste sera co-financé par Saint-Etienne Métropole. La présidence est actuellement assurée par l'entrepreneur lyonnais Renaud Sornin.

" Suite à la labellisation French Tech One, nous travaillons à la nouvelle gouvernance associant Saint-Etienne à Lyon. Il est nécessaire d'avoir une forte structuration de notre pilotage sur Saint-Etienne. Nous allons trancher dans les prochains jours avec SEM ", explique Bertrand Nicolet, directeur de Manutech USD, très impliqué dans la French Tech depuis 3 ans.

Le dirigeant d'Hexadrone en tête de file manufacturing

En parallèle de la structuration de cette Capitale commune French Tech, des communautés vont être constituées. Celles-ci doivent regrouper, chacune, au moins 50 entrepreneurs. Quatre thématiques ont été identifiées pour Saint-Etienne : manufacturing, design, santé et numérique. Elles sont actuellement en cours de structuration.

Logiquement, la communauté manufacturing est la plus avancée. Elle était en effet déjà présente dans la V1 de French Tech, puisque Saint-Etienne était identifiée comme réseau thématique Manufacturing. Elle dispose donc déjà de son "community lead", terme consacré par la mission French Tech pour désigner les animateurs des communautés. Il s'agit de Renaud Marin-Sidgwick, un salarié de la plateforme Manutech USD.

"Une vraie ambition"

50 entrepreneurs ont été identifiés dont un cercle d'une dizaine pressentie pour constituer le board de cette communauté Manufacturing.

" La Mission French Tech a été claire, l'ambition est de ramener un maximum d'industriels. Sept de ces dirigeants sont donc des industriels, 3 sont issus des fonctions de service et de support ", indique Bertrand Nicolet.

Ce dernier assumera une fonction soit dans la gouvernance de l'association Capitale French Tech One Lyon Saint-Etienne, soit dans cette communauté manufacturing.

Le chef de file industriel pour le manufacturing sera Alexandre Labesse, le dirigeant de la start-up altiligérienne Hexadrone, fabricante de drones. Il a d'ores et déjà participé, en début de semaine au French Tech Summit, avec Renaud Marin Sidgwick et Virginie Delplanque.

" J'ai donné mon accord car cette V2 de la French Tech me semble porter une vraie ambition, avec un axe très industriel ", explique-t-il.

Face à la French Tech, Macron tance les géants du numérique - BFMTV.COM

jeu, 05/16/2019 - 15:23

Scale-up ! C’est le terme à la mode au salon Vivatech, qui se déroule actuellement à Paris. Invité pour l’occasion, Emmanuel Macron s’est longuement étendu sur les facteurs qui permettraient aux startups de la French Tech de passer un nouveau pallier et venir, peut-être un jour, concurrencer les mastodontes américains et chinois.

Pour le président de la République, cela passe par deux leviers principaux. « Tout d’abord, assurer un même cadre de concurrence (…) loyal et équitable » explique-t-il. « Il faut que le géant de l’internet américain, en concurrence avec les startups françaises, paient les mêmes impôts. Vous payez l’impôt sur la société, vous payez la TVA… Si vous avez quelqu’un en face de vous qui arrive par des systèmes de refacturation, quasiment à ne plus rien payer, à facturer de la propriété intellectuelle qui remonte en Irlande... Ce n’est pas juste (…) Ils ne peuvent plus être dans un système de sur-optimisation fiscale ». Il en a d’ailleurs profité pour vanter la taxe GAFA mise ne place par le gouvernement, qu’il espère étendre au niveau européen et surtout au niveau de l’OCDE.

Un écosystème de financement performant

Il en a aussi profité pour mettre en garde contre une certaine frénésie des fusions et acquisitions. « Il faut éviter que les plus gros acteurs rachètent tout » affirme Emmanuel Macron. « Au niveau mondial, on a aujourd’hui des géants et quand je regarde les études économiques, on voit qu'on ne crée pas le plus de valeur en permettant à ces géants de tout racheter. Donc on va devoir rentrer dans une ère, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, où l’on va réguler l’expansion infinie par le M&A (fusions et acquisitions, NDLR) de ces géants » souligne-t-il.

L’autre levier pour les startups tricolores concerne le système de financement. « On doit bâtir un cadre d’investissement qui doit vous permettre d’aller plus vite, plus fort » a-t-il annoncé aux entrepreneurs français. En rappelant ses mesures pour un cadre fiscal incitatif « en supprimant l’impôt sur la fortune et en ayant une flat tax », il assure que l’étape du dessus se déroulera au niveau européen. « On doit construire un marché des capitaux financiers européen. Nous sommes en train de parachever l’union bancaire, mais ce n’est pas seulement l’union des banques qu’il faut faire, c’est l’union des marchés de capitaux. Il faut que l’Europe arrive à faire circuler l’épargne » pour qu’elle puisse être utilisée dans les meilleurs secteurs. Une proposition qui était au cœur de la mandature de l’Union européenne qui s’achève mais qui peine, là aussi, à se mettre en place.

Frenchtech : comment est-elle financée ? - Europe1

jeu, 05/16/2019 - 08:10

Emmanuel Macron va passer la matinée au salon Vivatech, devenu le grand rendez-vous de la tech en Europe. Comment se porte notre Silicon Valley française ?

Elle est en forte et même très croissance, c’est une excellente nouvelle. Sur les seuls quatre premiers mois de l’année, les startup françaises ont levé plus de 1,4 milliard d’euros. Un chiffre en hausse de 72% par rapport à l’an dernier. C’est donc considérable. Vous le voyez, les investisseurs y croient. A signaler dans ces levées de fonds, celle de 150 millions d’euros réalisée par Doctolib, formidable succès qui porte la valeur de cette entreprises aux ambitions européennes à plus d’un milliard d’euros. Une startup qui vaut plus d’un milliard, on appelle ça une "licorne".

Et nous en avons beaucoup, des licornes, en France ?

Non pas encore. On en recense trois autres : BlaBlaCar, que tout le monde connaît, Deezer, la plateforme de musique que tout le monde connaît aussi, et OVH, que le grand public ne connaît pas mais qui est une entreprise stratégique, spécialisée dans le cloud c’est à dire le stockage de données, la matière première de l’ère numérique. Donc quatre licornes, mais derrière, il y a un écosystème qui s’est mis en place avec des levées de fonds de plus en plus importantes. On note une vraie accélération. La French Tech est en train de franchir un palier avec de plus en plus de startups qui lèvent 20 millions, 50 millions, et qui seront les licornes de demain.

Par exemple ?

On peut en citer deux que rencontrera Emmanuel Macron ce matin et dont on a eu l’occasion de parler sur cette antenne. D’abord Frichti, une startup qui livre des repas préparés et des courses à domicile en privilégiant les circuits courts. Ils ont levé 50 millions d’euros et créé plus de 300 emplois. Autre succès dans un tout autre domaine, Openclassrooms, qui est une école en ligne, mais avec plus de trois millions d’étudiants chaque mois partout dans le monde. Ils ont aussi levé environ 50 millions d’euros. Il faut deux ingrédients pour créer un écosystème : du capital humain, les talents, et du capital financier. Il y a depuis longtemps beaucoup de talents et de capital dans la Silicon Valley. Mais il y en a aussi de plus en plus chez nous !

La French Tech poursuit son hypercroissance sur une cadence effrénée - Les Échos

jeu, 05/16/2019 - 07:00

Ca devient  une habitude dont on ne se lasse pas. Juste avant l'ouverture de Vivatech, ce jeudi 16 mai, Les Echos ont fait le point avec EY sur les montants levés par les start-up françaises entre janvier et fin avril 2019. Le résultat est détonnant : 165 jeunes pousses ont levé un total de 1,432 milliard d'euros. Avec un point d'orgue, le tour de table de  Doctolib à 150 millions d'euros , valorisant la plateforme médicale plus d'un milliard. Après cette  quatrième licorne française (après Blablacar, Deezer et OVH), d'autres devraient suivre d'ici à l'été prochain. Ce qui pourrait nous emmener tranquillement vers un total de 5 milliards d'euros levés en 2019, pulvérisant ainsi le record de 2018 et  dépassant toutes les projections d'il y a quelques années.

« Il est important de rappeler que l'accélération du nombre de tours supérieurs à 20 millions d'euros va mécaniquement entraîner la création de nouvelles licornes, détaille Franck Sebag, associé chez EY. Nous les voyons arriver en décalage par rapport à d'autres pays, c'est que l'on appelle le phénomène de jetlag. »  Les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, leader européen avec 17 licornes, financent leurs pépites avec de gros moyens depuis bien plus longtemps, ce qui explique ce retard pris par la French Tech.

Un retard qu'elle serait en train de rattraper puisque 18 jeunes pousses tricolores ont bouclé des tours de financement supérieurs à 20 millions depuis janvier dernier, alors qu'elles étaient 22 pour tout le premier semestre de l'an passé. « Si l'on se projette avec le même rythme de croissance, nous pourrions atterrir à 2,5 milliards d'euros à la mi-année », parie Franck Sebag. Et avec un second semestre historiquement plus soutenu que le premier (hormis en 2018), il n'est pas improbable de franchir la barre des 5 milliards.

Si l'on monte le curseur d'un cran et que l'on observe les levées de plus de 50 millions d'euros qui, si la trajectoire se déroule comme prévu, débouchent sur des levées supérieures à 150 millions (et donc d'une valorisation à un milliard), les signaux sont également au vert : Déjà sept entreprises ont franchi ce cap lors des quatre premiers mois de cette année, soit autant qu'en 2018. « Les start-up ayant levé plus de 50 millions d'euros sont le vivier des prochaines licornes françaises », confirme Franck Sebag. Parmi celles qui ont reçu un tel soutien financier ces trois dernières années, on peut donc suivre par exemple Cityscoot, Dataiku,  Openclassrooms ,  Backmarket ou  Plateform.sh …

Ce rythme fou est le plus élevé parmi les principaux pays européens, et la place de numéro un,  trustée par le Royaume-Uni (7,9 milliards de dollars en 2019) paraît de plus en plus accessible à moyen-terme. « D'autant qu'avec le Brexit, nous constatons clairement une certaine forme d'attentisme, constate l'associé EY. Et il n'est pas impossible que les investisseurs dans les fonds en transfèrent une partie en Europe continentale en fonction du scénario de sortie. » D'ici là, la French Tech, qui bénéficie en plus d'une attractivité renforcée à l'international, poursuit son rythme effréné.

Le Silicon IXème, nouvel épicentre de la French Tech - Les Échos

jeu, 05/16/2019 - 06:01

Visuellement, c'est l'antithèse de la Silicon Valley. Un quartier pluricentenaire aux rues étroites et escarpées, le long desquelles Antoine Doinel a fait les quatre cents coups et où alternent aujourd'hui bars tendance et commerces de bouche, sous la protection du Sacré-Coeur. Mais dans le IXe arrondissement flotte désormais un parfum de frénésie californien : il est devenu le nouvel épicentre de la French Tech. L'endroit où s'établissent les start-up établies, passées à l'âge adulte, quand leurs cadettes encore à la recherche de leur modèle restent un peu en contrebas, dans le Sentier.

À l'ombre de poids lourds anciennement installés là, comme l'américain Google et le français Criteo - le spécialiste du ciblage publicitaire coté au Nasdaq -, on trouve certaines de nos pépites les plus prometteuses : Evaneos (vente de voyages), JobTeaser (recrutement), Voodoo (jeux vidéo), Shine (fintech), pour n'en citer que quelques-unes, qui rêvent toutes de s'imposer sur leur marché et de devenir une licorne en dépassant le milliard de dollars de valorisation.

Pour continuer...

Retrouvez la carte interactive sur l'appli Mapstr : www.bitly.fr/bot

Un outil de recrutement

La migration intra-muros s'est accélérée depuis un an et demi, ce qui n'a pas été sans effet sur l'immobilier de bureau : le prix à la location est passé de quelque 550 euros le mètre carré à plus de 800 euros en moyenne. « Lorsque nous avons cherché des locaux pour notre nouvel espace, nous n'avons même pas pu négocier », déplore Olivier Cotinat, cofondateur de Schoolab, un studio d'innovation déjà présent dans le Sentier. Il y a un peu plus d'un an, lorsque JobTeaser cherchait des bureaux dans le IXe, il y avait encore des marges de manoeuvre.

©Delphine Durocher pour les Echos Week-End

Pourtant en compétition avec des grandes banques et des assureurs, la plate-forme de recrutement dédiée aux jeunes diplômés a alors raflé un bâtiment très convoité, rue Blanche, en face de Criteo et à côté de la nouvelle salle de sport parisienne en vogue, Blanche. « Les locaux font partie de la marque employeur, c'est devenu un outil de recrutement, assure Adrien Ledoux, cofondateur de JobTeaser. Il y avait dix dossiers sur la table et nous avons convaincu le bailleur grâce à l'impact sociétal de notre activité. Pour faciliter la circulation des équipes, nous avons dû créer un escalier que le propriétaire a accepté de prendre en charge en partie. »

La terrasse, la nouvelle place de village

Dans son nouveau décor, la plate-forme a misé sur un aménagement reprenant les codes du campus universitaire. Et a aussi optimisé la mise en valeur de la terrasse, qui attise les fantasmes de bien des voisins. Le baby-foot ne suffit plus, en effet, à séduire des experts très sollicités sur le marché de l'emploi de la tech. « La terrasse était un prérequis, une clé pour une question de communication interne, et elle est devenue une place de village au milieu des étages », explique Adrien Ledoux.

Chez JobTeaser, les employés peuvent se retirer dans des espaces isolés aux décorations thématiques différentes ©IORGIS MATYASSY

Régulièrement, ses employés s'y retrouvent pour des réunions informelles ou des afterwork aérés. Ce qui n'est pas sans produire quelques frictions avec le voisinage. On raconte volontiers, sur place, comment une jeune femme excédée par le bruit des fêtards s'est mise à parader à demi-nue à sa fenêtre dans le but de déranger les clients du restaurant adjacent à Blanche. D'autres riverains ont brandi des banderoles « Du silence pour nos agneaux » réclamant un peu de quiétude pour leur progéniture.

Comme l'illustre JobTeaser, les bailleurs sont aujourd'hui prêts à préférer de jeunes entreprises à des institutionnels de renom. Ce qui n'était pas encore le cas, lorsque Criteo a posé ses valises, en 2012. « Lorsque nous avons voulu visiter le bâtiment qui nous intéressait, nous avons d'abord essuyé des refus catégoriques de la part du propriétaire, se souvient Thierry d'Haillecourt, vice-président monde de l'immobilier pour Criteo. Nous nous sommes donc fait accompagner par Aktis Partners, un intermédiaire qui nous a permis de mettre littéralement un premier pied dans l'immeuble… Petit à petit, nous avons réussi à les convaincre jusqu'à occuper une très large majorité de la surface aujourd'hui. »

Les espaces de coworking

Criteo, de par sa taille, a pu mettre en place une stratégie efficace car Jean-Baptiste Rudelle, son fondateur, avait sous-traité le dossier du nouveau siège pour se concentrer sur le business. Tous les jeunes patrons ne peuvent pas se le permettre et doivent s'y coller. « Cela crée du stress chez certains jeunes dirigeants que j'accompagne, confirme Geoffroy Mestrallet, consultant senior chez JLL France. Leur entreprise est en hypercroissance, ils doivent recruter massivement, et ce n'est pas leur rôle de consacrer du temps à la recherche de locaux. »

Chez Criteo, une des cafèt', inspiration diners américain et route 66 ©IORGIS MATYASSY

Certains, à l'instar de Voodoo, optent pour les espaces de coworking qui ont fleuri dans le quartier comme WeWork, rue Lafayette, et Wojo, rue de Londres. Une solution onéreuse mais qui présente le précieux avantage de l'adaptation rapide aux besoins de recrutement. L'arrivée de nouvelles entreprises de bureaux à partager est en train d'assécher l'offre locale - WeWork va ouvrir de nouveaux espaces rue Trudaine, à la place d'une école, rue de Navarin, dans un ancien centre PTT, et rue Jules Lefebvre. Il est toutefois encore possible - si on a les reins solides - de s'imposer face à ces nouveaux mastodontes de l'immobilier. Deezer l'a prouvé en ravissant un sublime bâtiment art déco de la rue de Calais.

Des bars à hôtesses aux hipsters

Même au sud du quartier, sur le boulevard Haussmann, naguère bastion des banquiers et des assureurs, les nouveaux locaux disponibles tombent peu à peu dans l'escarcelle des petits génies de la tech. Une grande banque d'affaires qui lorgnait les 11 000 m2 entièrement rénovés de l'ancien siège de Generali, au numéro 7 du prestigieux boulevard, a été visiblement trop longue à faire une offre ferme. Le bailleur s'est tourné vers un pool d'entreprises tech incluant MeilleursAgents (immobilier), Workday (Ressources humaines) et Dreem (santé). Plus à l'est, rue de Châteaudun, un ancien bâtiment de BNP Paribas a été préempté par Datadog (applications cloud) et Younited Credit (fintech).

JobTeaser : ambiance sportive dans les bureaux ©IORGIS MATYASSY

Netflix aussi vient de craquer pour le quartier. Avec des besoins spécifiques, et des moyens très supérieurs à la moyenne des start-up françaises, la plate-forme de streaming vidéo va installer son siège européen dans un bâtiment d'exception, place Edouard VII, jouxtant l'Olympia. Terrasses plein ciel à tous les étages, palette de services très étendue : l'américain proposera à ses salariés un véritable décor de cinéma qui lui coûtera certes plus de 800 euros le mètre carré - un tarif digne des arrondissements plus huppés -, mais Netflix ne semblait pas sérieusement envisager d'autre solution.

L'engouement pour ce quartier longtemps très populaire a commencé autour de la place Pigalle et des anciens bars à hôtesses, lointaines descendantes des lorettes du xixe siècle. Au fil des années 2000 et 2010, de jeunes hipsters ont racheté des fonds de commerce pour ouvrir des bars branchés, à l'instar du Carmen, du Mansart, de la Maison Lautrec ou du Berliner. Dans ce coin vite rebaptisé, à la new-yorkaise, SoPi (pour South Pigalle), ont suivi des commerçants d'un nouveau genre, qui ont colonisé les rues une par une, en commençant par celle des Martyrs. Fini les boucheries et épiceries traditionnelles ; place aux échoppes spécialisées dans la meringue ou le saumon…

Une gentrification accélérée

Les anciens riverains n'ont pas tous regardé d'un bon oeil cette gentrification accélérée. Dès 2005, Sexion d'Assaut, le groupe de rap né dans le IXe, consacrait au sujet une rime prémonitoire : « J'habite pas le côté chic, mais je trouve l'inspi' côté chiant. » Il est vrai qu'à se balader depuis le bas de la rue Saint-Georges jusqu'aux hauteurs de l'avenue de Clichy, la monoculture ambiante peut lasser. Il semble bien loin, l'esprit des Delacroix, Moreau, Dumas, Sand, ces peintres, écrivains et musiciens plus ou moins bohèmes du xixe siècle qui y avaient construit un atelier à ciel ouvert, baptisé Nouvelle Athènes, en référence à l'architecture antiquisante de certains bâtiments et au philhellénisme de nombre d'entre eux.

Schoolab réunit différentes start-up qui louent des espaces de travail partagés ©IORGIS MATYASSY

Pourtant, il est encore possible de l'invoquer, au moins sous l'aspect de la solidarité. C'est du moins ce que raconte Edouard Morhange, cofondateur et PDG d'Epicery, plate-forme de livraison des produits des épiceries de quartier installée rue Bergère, à 20 mètres de la boulangerie soufflée par l'explosion qui a fait trois morts en janvier dernier. « Nous allons déménager, mais en restant dans ce quartier car nous y sommes très attachés. Encore davantage avec la solidarité exprimée après l'explosion. Elle a été ressentie dans tout l'immeuble et nous avons dû quitter les locaux durant une quinzaine de jours. The Family nous a hébergés durant ce temps-là, et ensuite nous avons pu réintégrer nos bureaux sous escorte policière pendant encore deux semaines. »

Dans la période qui a suivi, Facebook a offert une campagne à Epicery pour accélérer son trafic et doper les commandes auprès des commerçants qui avaient souffert de l'accident.

De nombreux candidats à la location

Reste à voir si l'effervescence actuelle est soutenable à long terme. Avec un total de 3,6 milliards d'euros levés par 645 start-up en 2018 (+40% par rapport à 2017), les candidats à la location dans le quartier vont être encore nombreux cette année. D'autant que les autres arrondissements parisiens peinent à séduire, à l'image du XIIIe qui n'a pas vraiment bénéficié de l'ouverture du méga-incubateur Station F. Les communes de la petite couronne non plus ne semblent pas susciter l'engouement  ; Pantin n'est pas Brooklyn.

Les start-uppeurs commencent à réfléchir à de nouvelles stratégies pour limiter leurs besoins en mètres carrés : délocaliser la R & D en province en gardant un pied à Paris pour les commerciaux ou le marketing. Mais quand on sait la difficulté des Américains à s'extirper de la Silicon Valley et celle des Français à décentraliser…

Le Silicon IXème, nouvel épicentre de la French Tech - Les Échos

jeu, 05/16/2019 - 06:01

Visuellement, c'est l'antithèse de la Silicon Valley. Un quartier pluricentenaire aux rues étroites et escarpées, le long desquelles Antoine Doinel a fait les quatre cents coups et où alternent aujourd'hui bars tendance et commerces de bouche, sous la protection du Sacré-Coeur. Mais dans le IXe arrondissement flotte désormais un parfum de frénésie californien : il est devenu le nouvel épicentre de la French Tech. L'endroit où s'établissent les start-up établies, passées à l'âge adulte, quand leurs cadettes encore à la recherche de leur modèle restent un peu en contrebas, dans le Sentier.

À l'ombre de poids lourds anciennement installés là, comme l'américain Google et le français Criteo - le spécialiste du ciblage publicitaire coté au Nasdaq -, on trouve certaines de nos pépites les plus prometteuses : Evaneos (vente de voyages), JobTeaser (recrutement), Voodoo (jeux vidéo), Shine (fintech), pour n'en citer que quelques-unes, qui rêvent toutes de s'imposer sur leur marché et de devenir une licorne en dépassant le milliard de dollars de valorisation.

Pour continuer...

Retrouvez la carte interactive sur l'appli MapStore : www.bitly.fr/bot

Un outil de recrutement

La migration intra-muros s'est accélérée depuis un an et demi, ce qui n'a pas été sans effet sur l'immobilier de bureau : le prix à la location est passé de quelque 550 euros le mètre carré à plus de 800 euros en moyenne. « Lorsque nous avons cherché des locaux pour notre nouvel espace, nous n'avons même pas pu négocier », déplore Olivier Cotinat, cofondateur de Schoolab, un studio d'innovation déjà présent dans le Sentier. Il y a un peu plus d'un an, lorsque JobTeaser cherchait des bureaux dans le IXe, il y avait encore des marges de manoeuvre.

©Delphine Durocher pour les Echos Week-End

Pourtant en compétition avec des grandes banques et des assureurs, la plate-forme de recrutement dédiée aux jeunes diplômés a alors raflé un bâtiment très convoité, rue Blanche, en face de Criteo et à côté de la nouvelle salle de sport parisienne en vogue, Blanche. « Les locaux font partie de la marque employeur, c'est devenu un outil de recrutement, assure Adrien Ledoux, cofondateur de JobTeaser. Il y avait dix dossiers sur la table et nous avons convaincu le bailleur grâce à l'impact sociétal de notre activité. Pour faciliter la circulation des équipes, nous avons dû créer un escalier que le propriétaire a accepté de prendre en charge en partie. »

La terrasse, la nouvelle place de village

Dans son nouveau décor, la plate-forme a misé sur un aménagement reprenant les codes du campus universitaire. Et a aussi optimisé la mise en valeur de la terrasse, qui attise les fantasmes de bien des voisins. Le baby-foot ne suffit plus, en effet, à séduire des experts très sollicités sur le marché de l'emploi de la tech. « La terrasse était un prérequis, une clé pour une question de communication interne, et elle est devenue une place de village au milieu des étages », explique Adrien Ledoux.

Chez JobTeaser, les employés peuvent se retirer dans des espaces isolés aux décorations thématiques différentes ©IORGIS MATYASSY

Régulièrement, ses employés s'y retrouvent pour des réunions informelles ou des afterwork aérés. Ce qui n'est pas sans produire quelques frictions avec le voisinage. On raconte volontiers, sur place, comment une jeune femme excédée par le bruit des fêtards s'est mise à parader à demi-nue à sa fenêtre dans le but de déranger les clients du restaurant adjacent à Blanche. D'autres riverains ont brandi des banderoles « Du silence pour nos agneaux » réclamant un peu de quiétude pour leur progéniture.

Comme l'illustre JobTeaser, les bailleurs sont aujourd'hui prêts à préférer de jeunes entreprises à des institutionnels de renom. Ce qui n'était pas encore le cas, lorsque Criteo a posé ses valises, en 2012. « Lorsque nous avons voulu visiter le bâtiment qui nous intéressait, nous avons d'abord essuyé des refus catégoriques de la part du propriétaire, se souvient Thierry d'Haillecourt, vice-président monde de l'immobilier pour Criteo. Nous nous sommes donc fait accompagner par Aktis Partners, un intermédiaire qui nous a permis de mettre littéralement un premier pied dans l'immeuble… Petit à petit, nous avons réussi à les convaincre jusqu'à occuper une très large majorité de la surface aujourd'hui. »

Les espaces de coworking

Criteo, de par sa taille, a pu mettre en place une stratégie efficace car Jean-Baptiste Rudelle, son fondateur, avait sous-traité le dossier du nouveau siège pour se concentrer sur le business. Tous les jeunes patrons ne peuvent pas se le permettre et doivent s'y coller. « Cela crée du stress chez certains jeunes dirigeants que j'accompagne, confirme Geoffroy Mestrallet, consultant senior chez JLL France. Leur entreprise est en hypercroissance, ils doivent recruter massivement, et ce n'est pas leur rôle de consacrer du temps à la recherche de locaux. »

Chez Criteo, une des cafèt', inspiration diners américain et route 66 ©IORGIS MATYASSY

Certains, à l'instar de Voodoo, optent pour les espaces de coworking qui ont fleuri dans le quartier comme WeWork, rue Lafayette, et Wojo, rue de Londres. Une solution onéreuse mais qui présente le précieux avantage de l'adaptation rapide aux besoins de recrutement. L'arrivée de nouvelles entreprises de bureaux à partager est en train d'assécher l'offre locale - WeWork va ouvrir de nouveaux espaces rue Trudaine, à la place d'une école, rue de Navarin, dans un ancien centre PTT, et rue Jules Lefebvre. Il est toutefois encore possible - si on a les reins solides - de s'imposer face à ces nouveaux mastodontes de l'immobilier. Deezer l'a prouvé en ravissant un sublime bâtiment art déco de la rue de Calais.

Des bars à hôtesses aux hipsters

Même au sud du quartier, sur le boulevard Haussmann, naguère bastion des banquiers et des assureurs, les nouveaux locaux disponibles tombent peu à peu dans l'escarcelle des petits génies de la tech. Une grande banque d'affaires qui lorgnait les 11 000 m2 entièrement rénovés de l'ancien siège de Generali, au numéro 7 du prestigieux boulevard, a été visiblement trop longue à faire une offre ferme. Le bailleur s'est tourné vers un pool d'entreprises tech incluant MeilleursAgents (immobilier), Workday (Ressources humaines) et Dreem (santé). Plus à l'est, rue de Châteaudun, un ancien bâtiment de BNP Paribas a été préempté par Datadog (applications cloud) et Younited Credit (fintech).

JobTeaser : ambiance sportive dans les bureaux ©IORGIS MATYASSY

Netflix aussi vient de craquer pour le quartier. Avec des besoins spécifiques, et des moyens très supérieurs à la moyenne des start-up françaises, la plate-forme de streaming vidéo va installer son siège européen dans un bâtiment d'exception, place Edouard VII, jouxtant l'Olympia. Terrasses plein ciel à tous les étages, palette de services très étendue : l'américain proposera à ses salariés un véritable décor de cinéma qui lui coûtera certes plus de 800 euros le mètre carré - un tarif digne des arrondissements plus huppés -, mais Netflix ne semblait pas sérieusement envisager d'autre solution.

L'engouement pour ce quartier longtemps très populaire a commencé autour de la place Pigalle et des anciens bars à hôtesses, lointaines descendantes des lorettes du xixe siècle. Au fil des années 2000 et 2010, de jeunes hipsters ont racheté des fonds de commerce pour ouvrir des bars branchés, à l'instar du Carmen, du Mansart, de la Maison Lautrec ou du Berliner. Dans ce coin vite rebaptisé, à la new-yorkaise, SoPi (pour South Pigalle), ont suivi des commerçants d'un nouveau genre, qui ont colonisé les rues une par une, en commençant par celle des Martyrs. Fini les boucheries et épiceries traditionnelles ; place aux échoppes spécialisées dans la meringue ou le saumon…

Une gentrification accélérée

Les anciens riverains n'ont pas tous regardé d'un bon oeil cette gentrification accélérée. Dès 2005, Sexion d'Assaut, le groupe de rap né dans le IXe, consacrait au sujet une rime prémonitoire : « J'habite pas le côté chic, mais je trouve l'inspi' côté chiant. » Il est vrai qu'à se balader depuis le bas de la rue Saint-Georges jusqu'aux hauteurs de l'avenue de Clichy, la monoculture ambiante peut lasser. Il semble bien loin, l'esprit des Delacroix, Moreau, Dumas, Sand, ces peintres, écrivains et musiciens plus ou moins bohèmes du xixe siècle qui y avaient construit un atelier à ciel ouvert, baptisé Nouvelle Athènes, en référence à l'architecture antiquisante de certains bâtiments et au philhellénisme de nombre d'entre eux.

Schoolab réunit différentes start-up qui louent des espaces de travail partagés ©IORGIS MATYASSY

Pourtant, il est encore possible de l'invoquer, au moins sous l'aspect de la solidarité. C'est du moins ce que raconte Edouard Morhange, cofondateur et PDG d'Epicery, plate-forme de livraison des produits des épiceries de quartier installée rue Bergère, à 20 mètres de la boulangerie soufflée par l'explosion qui a fait trois morts en janvier dernier. « Nous allons déménager, mais en restant dans ce quartier car nous y sommes très attachés. Encore davantage avec la solidarité exprimée après l'explosion. Elle a été ressentie dans tout l'immeuble et nous avons dû quitter les locaux durant une quinzaine de jours. The Family nous a hébergés durant ce temps-là, et ensuite nous avons pu réintégrer nos bureaux sous escorte policière pendant encore deux semaines. »

Dans la période qui a suivi, Facebook a offert une campagne à Epicery pour accélérer son trafic et doper les commandes auprès des commerçants qui avaient souffert de l'accident.

De nombreux candidats à la location

Reste à voir si l'effervescence actuelle est soutenable à long terme. Avec un total de 3,6 milliards d'euros levés par 645 start-up en 2018 (+40% par rapport à 2017), les candidats à la location dans le quartier vont être encore nombreux cette année. D'autant que les autres arrondissements parisiens peinent à séduire, à l'image du XIIIe qui n'a pas vraiment bénéficié de l'ouverture du méga-incubateur Station F. Les communes de la petite couronne non plus ne semblent pas susciter l'engouement  ; Pantin n'est pas Brooklyn.

Les start-uppeurs commencent à réfléchir à de nouvelles stratégies pour limiter leurs besoins en mètres carrés : délocaliser la R & D en province en gardant un pied à Paris pour les commerciaux ou le marketing. Mais quand on sait la difficulté des Américains à s'extirper de la Silicon Valley et celle des Français à décentraliser…

French Tech : les 40 sociétés tech les plus susceptibles d'entrer en Bourse - Les Échos

mer, 05/15/2019 - 08:00

Quelles seront les prochaines cotations en bourse dans milieu de la tech ? KPMG tente d'apporter une réponse en réalisant pour la première fois un baromètre rassemblant les 40 sociétés françaises les plus aguerries pour croître et être financées par les marchés boursiers. Le palmarès « Tech Pulse 40 » a été réalisé sur la base d'un panel de 400 sociétés dans le domaine de la tech au sens large pré-sélectionnées par secteurs, selon plusieurs critères : siège social France, applications tech, nationalité française, levées plus de cinq millions d'euros. Puis, des entretiens ont été menés pour déterminer des scores , basés entre autre le potentiel de la start-up, son équipe de direction, ses performances de développement ou le financement de sa croissance.  

En tête de ce futur CAC40 de la Tech, figurent 9 entreprises lauréates ayant obtenu les meilleurs scores. Y figurent sans surprise le leader européen du cloud computing  OVH  et le spécialiste du covoiturage  Blablacar . La catégorie les medtechs, les biotechs et la e-santé, est particulièrement bien représentée dans le palmarés. « La recherche médicale en France et l'innovation font partie de l'ADN de notre système », justifie Jean-Pierre Valensi, associé chez KPMG France. Et c'est la biotech  Enterome , qui développe des thérapies pour des maladies provoquées par des anomalies du microbiote intestinal, qui prend la tête de ce secteur dans lequel figure  Doctolib, devenue récemment la 5e licorne française . Les lauréats des autres catégories sont la solution pour places de marché  Mirakl qui a levé 62 millions d'euros fin février ,  Blade qui a accueilli un opérateur américain à son capital pour développer son ordinateur cloud, la  fintech Younited Credit , l'éditeur de logiciels RH  Talentsoft qui vient de lever 45 millions d'euros , le spécialiste du marketing  ContentSquare et la start-up  Kayrros , qui développe une technologie permettant d'interpréter des images satellites.

Cette étude a pour objectif de crédibiliser les sociétés et leur donner une fenêtre d'exposition. Pour autant, les chefs d'entreprises dans la tech ne se précipitent pas pour entrer en bourse. « Les sociétés regardent la bourse avec envie, mais aussi avec prudence, la vie de sociétés cotées est totalement différente des sociétés à fonds privés. Les marchés financiers sont violents avec les entreprises », analyse Jean-Pierre Valensi.

En 2018, les 40 sociétés du palmarès ont levé près de 4 milliards d'euros. Couvrant 45 % des prises de participation, le capital-risque s'affiche comme étant le premier soutien des sociétés du palmarès, devant le corporate (17 %), les business angels (14 %) et le private equity (10 %). Malgré un  ticket moyen des tours de table en forte hausse et un intérêt des investisseurs grandissant, l'écosystème français reste en retard par rapport à ses voisins anglais et allemands. Mais l'écart se réduit. « La tendance à la progression est beaucoup plus forte en France. La rencontre des projets et des financements s'améliorent très nettement », estime Jean-Pierre Valensi. En revanche, les pépites françaises restent encore très loin des Etats-Unis dont le système de financement est bien mieux rôdé et plus mature. « Dans l'innovation, il faut accepter le droit à l'erreur. De ce côté, on est encore trop prudent », souligne Mikaël Ptachek, responsable de la Practice Fintech chez KPMG France. 

Les auteurs de l'étude ont également relevé une excellente synergie entre les acteurs de la tech et les grands groupes. « Les deux se nourrissent, les sociétés de croissance alimentent les transformations des grands groupes, et inversement les grands groupes aident les sociétés de croissance à se développer à l'international », souligne Jean-Pierre Valensi. Le baromètre Tech Pulse 40 sera renouvelé l'année prochaine, avec des nouveaux entrants. KPMG voit bien OVH tenter sa chance en Bourse.

French Tech : avec H7, Lyon a enfin son lieu totem - VIDEO - Lyon Mag

mar, 05/14/2019 - 12:35

Au total, 5000 m² sont disponibles dans plusieurs espaces. Selon Julien, responsable de l’écosystème start-up manager, "42 entreprises sont pour le moment implantées dans le bâtiment. Pour cette première promotion, les entreprises accueillies sont variées : santé, éducation, mobilité, sport ou encore immobilier. Par exemple, il y a la société Phénix qui aide les entreprises à lutter contre le gaspillage alimentaire, Hello Charlie qui aide à la réorientation des étudiants ou encore Lumeen qui favorise le bien vieillir grâce à un casque de réalité virtuelle utilisé dans les EHPADs pour casser le quotidien de personnes âgées".

Même si elles ont été sélectionnées, les start-ups ont dû mettre la main au porte-monnaie pour venir s’installer à H7. "L’idée c’était de réduire le coût au maximum soit 250 euros pour le prix au poste en open-space, 350 euros le poste en poste privatif", explique Marie Esquelisse, directrice des lieux.

Selon elle, "ce prix inclut l’espace loué pour travailler, mais aussi et surtout l’accès à une communauté qui partage au quotidien. Quoi de mieux pour la visibilité d’une entreprise que de réunir les personnes et les idées ? Il fallait donc un espace de cette taille. Au total, H7 dispose de 400 postes de trvail, 150 sont pour le moment loués.

De plus, une grande nef, totalement rénovée, fait partie intégrante du bâtiment. Là encore, il sera possible de louer cette vaste salle de 740m², avec des espaces modulables, pour un prix compris entre 6000 et 7000 euros. C’est là-bas qu’environ 1250 personnes sont attendues ce mardi soir pour l’ouverture officielle de H7. Un lancement en grandes pompes, qui correspond au début du deuxième appel à projet pour intégrer de nouvelles start-ups dès septembre prochain.

H7 intègre enfin une cour extérieure, mais couverte, qui accueille une sorte de food-court. Plusieurs restaurateurs ont pris leurs quartiers dans des conteneurs. Le choix est varié, mais les quelques travailleurs rencontrés sur place plébiscitent tout particulièrement les pizzas cuites dans un véritable four.

Au total, pour cette "réhabilitation quasi-parfaite" selon Cédric Denoyel président de H7, 11,6 millions d'euros ont été dépensés pour remettre à neuf cette ancienne chaudronnerie spécialisée dans les machines à vapeur.

La French Tech nouvelle formule : ça change quoi pour Clermont et l'Auvergne ? - La Montagne

mar, 05/14/2019 - 12:00

 Avec trente-sept autres territoires en France, Clermont Auvergne a obtenu le nouveau label de communauté French Tech, en avril. La mise en route de la nouvelle organisation s’est déroulée en mai. Acteur majeur du secteur de l’innovation en Auvergne, Olivier Bernasson (ex-pêcheur.com) explique l’importance de ce nouvel élan.

Quels sont les objectifs de la seconde French Tech??

Olivier Bernasson : « C’est toujours tourné vers les start-up mais avec un besoin, maintenant, de travailler sur l’après, sur ce qu’elles deviennent. Il y a une volonté forte de remettre le label entre les mains des entrepreneurs, pour remettre de la fluidité dans les échanges. Il y a eu des régions où ça a frotté, à cause de tiraillements politiques entre les Métropoles, les Régions, etc. Globalement, cette première phase a été une réussite : partout, il y a eu un élan fabuleux. Maintenant on est dans une phase de maturation, à un stade un peu plus adulte. »

Y a-t-il eu des tiraillements en Auvergne?? 
« Non, la Métropole a bien travaillé. Olivier Bianchi [NDLR président de Clermont Auvergne Métropole] a fait la démarche dès fin 2017 de confier la gestion du label à un comité stratégique dans lequel il y avait déjà beaucoup d’entrepreneurs. Nous n’avons pas eu le temps d’être opérationnel avec ce comité stratégique qui a été officialisé en mai l’an dernier, puis dès octobre on a su que tout allait changer. Mais nous avons décidé de continuer à nous appuyer sur ce comité stratégique. »

Redonner la main aux entreprises, cela concerne-t-il également les financements??

Le plus vertueux n’est pas de bien gérer l’argent public mais de faire en sorte de ne pas en avoir besoin. Ce n’est pas cohérent d’alimenter avec de l’argent public. Mettre des entrepreneurs dans les boards, c’est aussi mettre des gens qui ont ce mode de pensée. Et la capacité de trouver des modes de financements nouveaux.

Olivier Bernasson - photos Manon Saby

« Mais on ne va pas faire la bascule du jour au lendemain, il faut mettre en place le fonctionnement pour que l’argent public pèse de moins en moins. Mais, évidemment, il est logique que les collectivités restent présentes. »

Il y a aussi du changement géographique, avec une extension du périmètre à Issoire, Riom et Vichy…
« Le nouveau cahier des charges part d’un épicentre, la métropole, au milieu d’un territoire, avec une heure de rayon entre les lieux. Pour les capitales, on passe à deux heures. C’est pourquoi on peut avoir un écosystème élargi à Riom, Issoire et Vichy. Les start-up qui y sont localisées entrent à présent dans notre écosystème. »

Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, Lyon, Saint-Étienne, Grenoble sont dans la catégorie supérieure, celle des treize capitales French Tech. Est-ce que Clermont est en seconde division ?
« Ce qui compte, c’est de faire avancer le territoire. Label ou pas label, il y a du mouvement. Aujourd’hui, on discute avec Lyon, Saint-Étienne, Grenoble. Les synergies viennent entre entrepreneurs, sans la moindre arrière-pensée politique. On verra bien, s’il y a une autre labellisation Capitales. Si on est en ordre de marche, avec Aurillac, Moulins, on peut être candidat. Mais la condition, c’est déjà d’avoir un écosystème conséquent. »

L’Auvergne avance-t-elle plus ou moins vite que les autres territoires??
« Il faut avancer au rythme que l’on est capable de tenir, ne pas se mettre en surrégime. Essayer de progresser avec nos moyens, organiser des événements, des rencontres, mettre en place une dynamique. »

Un lieu Totem pour la French Tech est-il indispensable??
« Un lieu Totem, c’est souhaitable et même obligatoire si l’on se dit que Clermont et l’Auvergne doivent être, un jour, capitale French Tech. Il faut se demander quel sera le bon bâtiment, quel sera le projet le plus intéressant et comment faudra-t-il le faire. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra un lieu. Là, par exemple, ce qui va changer tout de suite, c’est que l’on aura un lieu identifié, une adresse à Turing 22 (La Pardieu à Clermont). Quand vous arrivez quelque part et que vous voulez parler innovation et numérique, vous cherchez le lieu emblématique, le lieu où l’on trouve le maximum de monde. Un peu comme Station F à Paris. »

Mais au fait, à quoi ça sert la French Tech??
« C’est déjà utile pour valider l’état d’un écosystème : avoir un label, c’est comme un examen. Cela a aussi un rôle d’aiguillon économique qui oblige les gens à se voir, à se grouper, à discuter, cela fait avancer le schmilblick. Vers l’intérieur du territoire, cela permet de dire que l’on peut être fier des entreprises qui sont ici. Vers l’extérieur, cela montre que l’on a un écosystème qui est suffisamment vertueux pour obtenir un label national. Cela permet aussi de mettre en place des outils importants comme le fonds d’investissement French Tech, pour attirer des entreprises et les garder quand elles ont besoin de financements. »

Organisation. Dans le nouveau fonctionnement, la métropole de Clermont ne porte plus directement le projet. C’est une association – en cours de création –, groupant les entrepreneurs du board et les autres partenaires. Le comité directeur (board) est composé « d’entrepreneurs emblématiques » : ils sont douze dont « 30 % de femmes parce qu’on n’a pas réussi à faire mieux », explique Olivier Bernasson. Ce sont des personnes qui ont fait des choses significatives en levée de fonds, croissance ou cession. « L’idée était d’identifier des locomotives, des entreprises qui étaient restées pour la plupart en dehors de l’écosystème. Ils bossaient dans leur coin. Là, ils ont tous accepté de mouiller le maillot pour le territoire avec enthousiasme, à condition que l’on mette en place un fonctionnement qui ne leur prenne pas trop de temps. » Le board : Olivier Bernasson (pêcheur.com), Laurent Laporte (Braincube), Nicolas Sordet (Afyren), Sébastien Deguy (Allegorithmic), Gilles Chételat (@StickyADS.tv), Anne Chauder (Dômes Pharma), Marie Dorange (Opla), Tristan Collombet (DomRaider), Philippe Koenig (Auto IES), Guillaume Blanc (Exotic Systems), Stéphanie Cailloux (Innopain), Nadia Auclair (Carbiolice).

Philippe Cros

Rennes. Le directeur de la French Tech remercié pour « divergences stratégiques » - Le Télégramme

ven, 05/10/2019 - 09:00
Stanislas Hintzy, ex-directeur du Poool (ex French tech), à gauche de l’image, accompagné d’un directeur de start-up et d’un responsable d’EDF Bretagne en avril 2018 (ARCHIVE).  Stanislas Hintzy, ex-directeur du Poool (ex French tech), à gauche de l’image, accompagné d’un directeur de start-up et d’un responsable d’EDF Bretagne en avril 2018 (ARCHIVE).  (Le Télégramme) À la tête de la French Tech depuis 2015, Stanislas Hintzy a quitté son poste de directeur du Poool pour cause de divergences stratégiques, annonce la direction.

Stanislas Hintzy a quitté son poste de directeur du Poool, né en juin 2018 de la fusion de Rennes Atalante et de la French Tech de Rennes - Saint-Malo, annonce un communiqué du Poool.

« La mise en place de la gouvernance de cette nouvelle entité? (le Poool) au service des entreprises innovantes et des start-up fait aujourd’hui apparai?tre des divergences strate?giques qui aboutissent au de?part de son directeur, Stanislas Hintzy, et a? la recherche de son remplac?ant », indique le communiqué.

« La mission du Poool va continuer selon le cap défini lors du lancement du projet, au service des entreprises innovantes du territoire. L’accélération et l’accompagnement de ces entreprises sont le cœur de l’activité de l’association, en fédérant tous les acteurs qui peuvent contribuer à cette dynamique (PME, ETI, grands groupes, acteurs publics, écoles et universités, laboratoires de recherche…) et au rayonnement du territoire. »

Stanislas Hintzy avait été nommé à la direction de la French Tech Rennes en 2015. Il avait travaillé à la fusion de celle-ci avec Rennes Atalante en juin 2018. Avant ce poste, Stanislas Hintzy revendiquait une expérience de plus de quinze ans dans la distribution numérique et les start-up au niveau international. Il a notamment été directeur de la plateforme de distribution digitale OD2.

Contacté, l’intéressé n’a pas souhaité commenter cette décision.

La French Tech démarre 2019 en trombe - Les Échos

ven, 05/03/2019 - 09:00

La French Tech démarre 2019 dans  la foulée de 2018 . Après avoir levé 3,5 milliards de dollars l'an passé, un montant record, les start-up tricolores continuent d'engranger les bons chiffres. Selon le baromètre de CB Insights dévoilé jeudi, elles ont levé 1,2 milliard de dollars (1,07 milliard d'euros) entre janvier et mars. Soit la deuxième meilleure performance depuis la création du label French Tech en 2014, après celle du deuxième trimestre 2017.

Et les perspectives sont très bonnes. En gardant ce rythme, CB Insights s'attend à 4,7 milliards de dollars levés sur l'ensemble de 2019, soit une croissance de près de 40 % en un an. Le deuxième trimestre a d'ailleurs bien commencé, avec  la levée de fonds de 110 millions d'euros par ManoMano.

Le nombre de tours de table, lui, s'affiche légèrement en baisse au premier trimestre de cette année par rapport au dernier trimestre 2018 (178, contre 187). Entre 2018 et 2019, il devrait être à l'équilibre, selon le cabinet américain. Au contraire des écosystèmes britannique et allemand, qui voient tous deux leur nombre de deals repartir significativement à la hausse (+20 % environ).

Augmentation du ticket moyen

Mécaniquement, le ticket moyen - indicateur fiable de la maturité de l'écosystème - augmente en France. Notamment grâce aux sept levées de fonds supérieures à 50 millions de dollars. Sur les trois premiers mois de l'année, il a grimpé à 6,5 millions de dollars, contre 4,7 en 2018. Tout juste en dessous de l'Allemagne (6,8 millions de dollars) et assez nettement derrière le Royaume-Uni (15,4 millions).

Après une année 2018 marquée par une forte baisse, les tours de table en amorçage sont repartis à la hausse au premier trimestre, montrant l'appétence des capital-risqueurs pour les plus jeunes pépites comme la qualité de ces dernières, capables d'attirer des business angels. Quelque 62 % des tours de table en volume ont ainsi été réalisés pour des start-up en phase d'amorçage ou en série A.

En valeur cependant, ce sont, assez naturellement, les start-up les plus robustes qui captent l'essentiel des financements.  Doctolib (170 millions de dollars) , Wynd (82 millions), Mirakl (70 millions), Shift Technology (60 millions), Contentsquare (60 millions), les cinq plus grosses levées du premier trimestre, ont toutes réalisé leurs tours de table en série C ou plus.

Paris, ville n° 1

Paris reste le coeur de la French Tech, à la fois en volume et en valeur. La capitale représente 75 des 178 deals réalisés entre janvier et mars, pour 776 millions de dollars investis. Lille (5 tours de table), Lyon (4), Toulouse (3) et Montpellier (3) sont loin derrière.

Du côté des investisseurs, peu de mouvements ont été enregistrés par rapport à 2018. La banque publique d'investissement bpifrance reste le plus grand partenaire de l'écosystème, suivi de Kima Ventures et Idinvest Parners.

Seed, Série A, B, C… : de quoi parle-t-on ?

Ces lettres correspondent à différents stades de développement de la start-up en recherche de financement. On parle de seed (graine) pour la phase d'amorçage, lorsque la start-up est tout juste naissante.

La série A permet à la jeune pousse d'optimiser sa base d'utilisateurs et son offre de produits. Les séries B doivent accompagner des start-up dont le modèle économique est fixé, mais qui veulent élargir leur développement.

Dans un financement de type série C, les entreprises recherchent des fonds pour « scaler » c'est-à-dire multiplier son chiffre d'affaires tout en confortant sa rentabilité.

La French Tech démarre l’année en fanfare - Le Figaro

ven, 05/03/2019 - 09:00

Les start-up françaises de la French Tech, ont en 2019, une croissance de 81% par rapport à la même période en 2018.

2019 démarre en trombe pour la French Tech. Les start-up françaises réunies sous ce label créé en 2014 sont parvenues à lever 1,2 milliard de dollars au premier trimestre, soit une croissance de 81% par rapport à la même période en 2018, d’après le baromètre du cabinet américain CB Insights. Cette performance permet à la France de doubler de peu l’Allemagne, qui réalise un premier trimestre à 1,1 milliard de dollars. Mais l’Hexagone reste encore loin derrière le Royaume-Uni, qui cumule cinq fois plus d’investissements sur les trois premiers mois de l’année. Après ce bon démarrage, la France devrait dépasser les 4,7 milliards de dollars d’investissements cumulés en 2019, contre 3,457 milliards en 2017. Soit un milliard de plus, pour un nombre de tours de table qui devrait rester stable.

Paris cumule une majorité des investissements

C’est à sept levées de fonds supérieures à 50 millions de dollars que l’on doit un tel décollage. Les investissements se concentrent sur des pépites dont le modèle économique est déjà fixé. Doctolib a ainsi levé 170 millions de dollars, Wynd 82 millions, Mirakl 70 millions, Shift Technology 60 millions ou Contentsquare 60 millions également. En moyenne, toutes ces levées de fonds devraient permettre au ticket moyen de passer de 4,7 millions de dollars en 2018 à 6,5 millions en 2019. Sur cet indicateur, la France reste pour l’instant derrière l’Allemagne, dont le ticket moyen est de 6,8 millions de dollars, et le Royaume-Uni (15,4 millions).

Paris cumule une majorité des investissements, puisque la capitale concentre 766 millions de dollars investis sur 75 des 178 levées réalisées au premier trimestre. Suivent ensuite Lille, avec cinq tours de table, puis Lyon, avec trois tours. Enfin, à égalité, Toulouse et Montpellier voient chacune deux de leurs pépites locales se positionner timidement dans la course.

SERVICE: Découvrez tous les codes promo et bons plans Dell valides en ce moment

Confluences, innovation et FrenchTech au Cambodge - Siècle Digital

lun, 04/29/2019 - 09:00

En plein coeur d’un Phnom Penh frémissant, je suis parti à la rencontre de Soreasmey Ke Bin, fondateur de Confluences, une société de consulting spécialisée dans le business development international et qui incube également des startups. Rencontre avec cet hyperactif spécialiste du marché cambodgien et observateur privilégié de la transformation digitale du Cambodge.

Soreasmey Ke BinSoreasmey Ke Bin, fondateur de Confluences. Bonjour Soreasmey, tu as vécu et réalisé tes études en France avant de rejoindre ton père au Cambodge et de t’y installer. Peux-tu me raconter ce parcours exceptionnel ? 

Mon père était parti étudier en France et c’est là-bas qu’il a rencontré ma mère, sur les bancs de Sciences Po ; à cette époque, ma famille était impliquée politiquement au Cambodge et, lors de l’arrivée des républicains puis des Khmers Rouges au pouvoir, mon père a choisi de rester en France et de continuer à militer avant de rejoindre, dans les années 80, les mouvements de résistance en Thaïlande puis de rentrer au Cambodge « dans les bagages du roi ». Ainsi, dans ma jeunesse, j’ai été bercé par l’histoire du Cambodge avant d’y aller très régulièrement à partir de 1993. Pendant mes études françaises de management, j’ai effectué des stages à Phnom Penh avant de rentrer en France faire mon service militaire pour finalement débarquer au Cambodge  sans billet retour en 2001. 

Mon parcours professionnel a débuté avec la rencontre d’un franco-cambodgien qui montait une société informatique dans laquelle je me suis impliqué. De fil en aiguille, j’ai accompagné d’autres entreprises et j’ai développé mon réseau pendant près de quinze ans avant de monter plusieurs TPE et PME et, finalement, de fonder « Confluences ». 

Tu es aujourd’hui fondateur et DG de « Confluences », une entreprise de consulting spécialisée dans le Business Development international et regroupée autour de quatre piliers: consulting, incubateur, trading et logistique. Peux-tu m’expliquer comment s’articulent ces activités ? 

Je considère « Confluences » comme une boîte à outils à disposition des entreprises ; sur la partie « Conseil », on propose principalement un accompagnement pour faciliter l’implantation d’entreprises internationales sur le marché cambodgien. Franchises, joint-ventures ou distribution, quel que soit le besoin, nous les aidons à atteindre leurs objectifs. Historiquement, nous avions 99% de clients français mais, aujourd’hui, ils ne représentent plus que 50% de notre portefeuille. Désormais, on propose un accompagnement sur la durée qui va au-delà d’une simple offre de « market access ». Notre vraie force, c’est notre capacité à identifier les interlocuteurs à qui parler mais aussi la façon de leurs parler. 

La suite logique de cette activité a été de proposer un service d’hébergement d’entreprises pour rester à leur contact. Nous avons créé une pépinière d’entreprises dans laquelle nous fournissons des solutions « bureau » avec le soutien administratif qui va avec. Puis, au fil de nos rencontres, nous avons choisi d’incuber des startups. Au départ, nous les hébergions et les accompagnions gratuitement pour qu’elles concrétisent leur projet. Aujourd’hui, nous hébergeons quatre startups dont deux – « Last2Ticket » et « WendGo » – dans lesquelles nous avons pris des « equity ». En tout, une quinzaine d’entreprises et quatre startups sont hébergées chez « Confluences »; au-delà de cette hébergement, nous organisons de nombreux événements communautaires pour développer leur networking et diffuser les informations issues du marché local. 

Notre dernière activité concerne la distribution, notamment dans le secteur de la construction, en plein essor ici ; nous prenons des cartes d’équipementiers français pour les présenter à nos différents réseaux et les aider à gagner des « appels d’offre ». Cette activité est parfois en concurrence avec la partie « conseils » mais la plupart du temps, elles sont toutes les deux très complémentaires. Le conseil représente la moitié de notre CA aujourd’hui et les deux autres offres 25% et 25%, même si la partie « distribution » devrait se développer plus rapidement. Chez « Confluences », nous sommes huit personnes à temps plein, quatre stagiaires et deux personnes en portage, au service de nos clients. 

Interview Soreasmey Ke BinDiscussion sur la transformation digitale du Cambodge. © Guillaume TERRIEN Comment fonctionne l’hébergement chez « Confluences » et quels types de startups et entreprises accompagnez-vous ? Pour quels résultats ? 

Au-delà de nos locaux, nous avons réussi à créer une bonne communauté sur une niche francophone qui bénéficie à tout le monde. « Confluences » est un cocon qui favorise la solidarité et l’entraide et jouit d’une bonne connaissance de l’administration cambodgienne: des avantages pour toutes nos entreprises et startups hébergées. Nous avons des entreprises de taille et de secteurs divers et variés: Legrand, ou Uber par le passé, tout comme des structures à taille plus humaine. 

Sur les startups à proprement parler, Aniwaa est un bel exemple de réussite; Martin Lansard est arrivé seul, a pris ses bureaux, enregistré sa startup, emploie désormais quatre personnes, vient de réussir une belle levée de fonds et a été sélectionné par le premier fond d’investissement cambodgien lors d’un concours. Nous ne sommes pas responsables de toute leur réussite mais nous leur avons, par exemple, permis de se développer et d’accéder à notre réseau. Les solutions de P.O.S – Smart Shop Solutions – de WendGo connaissent aussi un beau succès sur le marché cambodgien: les plus beaux restaurants de Phnom Penh et de Siem Reap sont équipés chez eux, les franchises de deux grands groupes internationaux utilisent aussi leurs produits et ils espèrent remonter sur les autres pays de la région. Quant à Last2Ticket, une startup de billetterie électronique concurrente d’Eventbrite, ils viennent de réaliser une levée de fonds en Europe. Leur arrivée au Cambodge leur a permis de pivoter et d’adapter leur service à des marchés émergents. Leur plus beau succès concerne le « Ballet Royal » du Cambodge qui était en difficulté financière et qui est aujourd’hui une institution pérenne en grande partie grâce à cette solution. 

Locaux ConfluencesLocaux Confluences à Phnom Penh. © Guillaume TERRIEN Quelle est ta vision du marché cambodgien et de l’implantation d’entreprises internationales ? Quels sont les secteurs porteurs ici pour ce type d’entreprises et quelles raisons ont-elles de s’y implanter ? 

Il y a encore peu de temps, quatre, cinq ans, peu de groupes internationaux s’intéressaient au Cambodge ; outre des gros groupes comme Vinci, on désespérait de voir arriver le CAC40 ! Aujourd’hui, ils sont de plus en plus présents, soit pour s’implanter, soit pour de la vente parce que le marché cambodgien murit et doit « importer » de meilleures compétences. Cela concerne d’ailleurs également des projets innovants: l’exemple de l’inauguration locale du premier champs de panneaux solaires sur l’eau est représentatif. Les qualités du marché cambodgien sont diverses : un retard relatif qui provoque des besoins énormes, une population et un gouvernement ouverts sur l’étranger et un bon marché « test » ; c’est un strapontin idéal pour toucher également les pays voisins: les taux d’imposition sont faibles, l’Europe et les USA bénéficient d’avantages fiscaux, les entrepreneurs peuvent être réellement propriétaires de leur entreprise – à la différence de la Thaïlande par exemple. En plus de ça, les Français peuvent bénéficier d’un bel éco-système franco-cambodgien qui permet une intégration rapide et efficace. 

Quel est, selon toi, l’état de la transformation digitale du Cambodge et quel rôle joue l’innovation dans ce domaine ? 

Quand je suis arrivé il y a presque vingt ans, il y avait déjà des cybercafés partout ! Il existe une grande diaspora cambodgienne dans le monde donc les moyens de communication digitaux ont été très vite adoptés. Aujourd’hui, le taux de pénétration de l’internet mobile au Cambodge est l’un des plus élevés au monde. Toutes les générations de cambodgiens sont présentes sur l’internet mobile et les réseaux sociaux, notamment Facebook ou Youtube.

D’autre part, la réussite du « leap » est parfaitement illustrée par l’utilisation croissante des e-wallets : les gens n’avaient pas de cartes bleues et ils sont directement passés à ces nouveaux usages digitaux, notamment parce que la population est jeune, aime utiliser ces outils et ne se pose en aucun cas la question de la confidentialité des données. De plus, de nombreux freins psychologiques n’existent pas ici : que l’on sache dans quel restaurant ils ont mangé ne les dérange absolument pas ! Le pays est très connecté et, par ce biais, a sauté des étapes : les employés du ministères ont des adresses mails Yahoo ou Gmail, ce qui paraît irréaliste en Occident, mais, en parallèle, ils sont tous présents sur Telegram ; il est plus facile de contacter des Secrétaires d’Etat via les messageries instantanées que par email ! L’arrivée réussie de Netflix au Cambodge il y a un an est également un bon exemple de la maturité des publics. Autre exemple, le Premier Ministre est l’un des leaders politiques avec le plus de followers dans le monde et vient tout juste d’ouvrir un compte Instagram il y a trois jours pour toucher les 25-30 ans…! 

Conférence Soreasmey Ke BinConférence Soreasmey Ke Bin Quelles principales différences et points communs verrais-tu entre la transformation digitale du Cambodge et celle des pays frontaliers ? Et plus globalement dans l’ASEAN ? 

La Thaïlande n’ayant pas connu de vraie guerre civile, son développement économique est en avance mais le pays reste moins ouvert à l’international. Le Laos est assez parasité par son modèle communiste, son emplacement géographique enclavé et les influences contradictoires vietnamiennes et thaïlandaises. Quant au Vietnam, la population dispose d’une vraie culture « chiffres » qui favorise son boom économique. Le Cambodge bénéficie d’autres avantages : une réelle ouverture culturelle sur le monde, un marché domestique plus accessible qui favorise les investissements et une grande soif d’apprendre. 

Au niveau de l’Asie, sans parler de la Chine, Singapour demeure le modèle à suivre tout comme la Thaïlande et la Malaisie qui sont de vraies puissances financières. Les niveaux de développement sont très liés à l’histoire des pays: le Myanmar, le Cambodge et le Laos en sont de bons exemples. 

Interview Soreasmey Ke BinRencontre autour de l’innovation au Cambodge. © Guillaume TERRIEN Dernière question: tu as également co-fondé la FrenchTech Cambodge. Comment fonctionne aujourd’hui cette FrenchTech ?

C’est un projet qui a été lancé il y a trois ans et s’est développée comme une « communauté libre » avec une implication diversifiée d’une communauté d’une cinquantaine de personnes. Aujourd’hui, huit ou neuf startups sont présentes sur le marché et connaissent de beaux succès. Je crois que le gouvernement a compris que la FrenchTech ne pouvait pas être structurée de la même manière à Paris, Lyon ou à Phnom Penh et a allégé ses pré-requis ; cela nous permet aujourd’hui de demander une labelisation. On envisage la FrenchTech de façon assez large pour n’exclure personne: startups, incubateurs, agences de conseil et de com’, SSII… De plus, nous avons un gros avantage: c’est le Ministère des Postes et Telecoms qui gère la partie « tech » et la plupart de nos contacts quotidiens sont des personnes qui ont vécu et/ou étudié en France ce qui nous permet d’être privilégiés. La FrenchTech Cambodge a encore de beaux jours devant elle ! 

Pages