23 ans après sa création, Era se dévoile.

Era Live Experience

La trajectoire d'Era est aussi grandiose que mystérieuse. Malgré ses 12 millions d'albums vendus, le projet-groupe n'a jamais donné d'interview, ni même organisé de concerts. L'erreur est réparée, 23 ans après sa création, Era vivra pour la première fois sur scène au printemps avec 12 concerts français, dont un passage à La Seine Musicale de Boulogne-Billancourt, le 18 avril prochain. Et comme une bonne nouvelle ne vient pas seule, Eric Lévi, leader de la formation, a décidé de briser le silence afin de donner sa première interview. Pour l'occasion, le musicien avoue avoir préparé un show exceptionnel, "un vrai opéra rock avec beaucoup d'émotions" pour cette première scénique, aux côtés de Pascal Nègre et Live Nation; 31 artistes ont été choisis pour entourer l'artiste : neuf musiciens, un choeur de 18 personnes (neuf hommes, neuf femmes), deux chanteurs et deux chanteuses provenant aussi bien du lyrique que du métal. Et Eric Lévi précise que, grâce au "Seigneur des anneaux" et à "Game of Thrones", "aujourd'hui il y a eu une vraie résonance entre ce qu'on voit à la télévision et Era (...) l'époque est prête et moi aussi".

Le compositeur d'Era s'est également confié sur ses débuts dans l'industrie. Après avoir débuté dans Shakin'Street, un groupe de hard rock, il se tourne ensuite vers le lyrique grâce à Jean-Marie Poiré. "Il m'a proposé de faire la musique du film L'Opération Corned-Beef. J'ai saisi ma chance. Pour notre seconde collaboration, "Les Visiteurs", j’ai cherché à créer un son qui apporte une dimension mystique au film". En composant la musique de la comédie avec Jean Reno et Christian Clavier, Eric Lévi frappe fort et touche gros.

Bien qu'il comptabilise 13,78 millions d'entrées, le film ne donne pas la visibilité espérée à l'artiste: "L'argent des "Visiteurs" m'a permis d'enregistrer le premier album d'Era dans les mythiques studios d'Abbey Road à Londres, mais ce succès ne m'a pas du tout aidé. Pendant un an, je me suis fait jeter de toutes les maisons de disques avant de trouver la personne que mon projet intéressait : Yan-Philippe Blanc, qui dirigeait le marketing du label Mercury, a convaincu Pascal Nègre, alors patron d'Universal, de me signer. Je lui dois beaucoup". Grâce à ce dernier, il signe alors le premier album d'Era qui, grâce au succès du tube "Ameno", s'écoule à 5 millions d'exemplaires. Mais ce carton est essentiellement dû au bouche à oreille: "Contrairement à ce qu'on pense, les médias nous ont ignorés. Alors on a décidé de jouer la carte du mystère, sans radio, sans télé ni presse, ni photo sur l'album" avoue Eric Lévi qui décide alors de ne pas donner de concerts: "J'étais beaucoup trop puriste. Je me disais que nous n'arriverions pas à reproduire sur scène l'univers que je créais sur disque".

En vidéo ci-dessous --> Era - Infanati